ARS : une contribution essentielle au débat


par François Yvon
27 mai 2003
URL: https://cfdt.mines-telecom.fr/article63.html

Sollicitée par la Direction de l’École dans le cadre de l’élaboration de la nouvelle stratégie, l’AIST (association des anciens élèves) nous a fait parvenir une contribution essentielle au débat. Après avoir consulté la crème de ses spécialistes en matière de recherche publique et d’enseignement supérieur, l’association nous livre des directions claires pour le futur : « que l’École parle anglais, y compris pour ce qui concerne les interactions prof-élèves »  [1] ; que la qualité de la recherche soit évalué « par le montant des contrats de recherche, car cette recherche doit être utile et vendable » ; « qu’il est plutôt rare qu’un grand chercheur soit un enseignant exécrable »... et bien d’autres propos dignes du café du commerce que nous vous laissons le plaisir de découvrir dans le document joint.

Rappelons que l’AIST est largement subventionnée par l’École (plus de 100 Keuros en 2001) pour ses activités, l’association se trouvant dans l’incapacité chronique d’attirer les cotisations des anciens. Pour l’AIST, la raison est simple : les enseignants-chercheurs de l’École sont trop nuls et pas assez prestigieux. Il suffirait que l’École recrute quelques prix Nobel, deux/trois « médaille Fields » et les anciens feront la queue pour adhérer à l’association. On reste médusé devant autant de clairvoyance.

Conscients de pousser le bouchon un peu loin, les auteurs de cette contribution prennent le soin de bien marquer le fait qu’elle ne reflète pas la position de l’association, mais simplement quelques avis individuels convergents. On ose espérer que ces avis individuels ne sont pas partagés par les membres de la Direction de l’École, qui, affublés de titres fantaisistes (« Vice-Président pour la Recherche »), cautionnent par leur simple présence les « avis » exprimés dans ce texte...

[1Soulignons à ce propos l’éclair de lucidité de D. Ventre, qui proposait récemment, de manière un peu plus raisonnable, que l’on confie à des enseignants étrangers le soin d’enseigner en anglais. C’est d’ailleurs à peu près tout ce que permet la loi de 94 sur l’usage du Français dans le service public.