Frais d’inscription : hausse record ! et discrimination ?


par CFDT - Télécom ParisTech
28 janvier 2014
URL: https://cfdt.mines-telecom.fr/article193.html

Les syndicats CFDT et CGT soutiennent les actions des élèves (voir la LH en attaché) en vue de protester contre les augmentations des droits de scolarité qui sont maintenant considérés comme un moyen comme un autre d’accroitre les ressources propres (voir sur https://mintel.mines-telecom.fr/voir.php?id=3585 [accès interne]). Ces augmentations traduisent une évolution profonde de notre mode de fonctionnement de type service public d’enseignement vers un mode de type école privée ou université américaine.

Ainsi, les droits de scolarité seront donc de 1850€ pour les étudiants Européens et de 3850€ pour les autres ! À partir de l’année prochaine, pour les nouveaux entrants, le montant de l’inscription (droits + frais de scolarité) s’élèvera à 1850€ + 450€ = 2300€ pour les français et européens, et 3850€ + 450€ = 4300€ pour les non européens, au lieu de 1290€ pour tous les élèves actuellement !

Ce qu’il y a de bien avec nos cadres dirigeants, enfermés dans leur monde, c’est qu’ils osent tout dire et écrire sans peur du ridicule.

Quelques extraits :

« Afficher pour des candidats potentiels de haut niveau un trop faible montant de droits et frais dévalorise de fait le niveau de nos formations et de nos diplômes par rapport aux références internationales. »

ou

« Ce qui ne coûte rien ne vaut rien. »

ÉDIFIANT !

« En tout état de cause, l’impact sur nos étudiants non européens dès la rentrée 2014, restera limité car la plupart d’entre eux sont intégrés dans le cadre de conventions inter-établissements qui prévoient explicitement l’exemption des droits et frais de scolarité. »

On se demande bien alors pourquoi appliquer cette mesure si elle ne génère pas des ressources supplémentaires ce qui est le but affiché par la Direction ! De toute façon, affirmer que l’impact reste limité démontre une parfaite méconnaissance de nos viviers de recrutement ainsi que des origines de nos étudiants.

Nous sommes en train de vérifier la légalité de cette mesure profondément injuste.

Ce qu’il y a de triste avec nos cadres dirigeants à haut potentiel, pourtant recrutés en masse depuis la création de l’IMT, c’est leur manque cruel d’imagination et d’efficacité dès lors qu’ils sont confrontés au monde réel. Les solutions proposées pour faire face à ces augmentations en vue d’aider les élèves se concentrent sur les points suivants :

« Les mécanismes de prêts bancaires à taux modéré pour étudiants existent, pour des montants allant jusqu’à 15000€. Ils sont déjà utilisés par les étudiants. Les écoles et l’Institut en faciliteront l’usage, d’une part en renforçant l’information de proximité vers les étudiants qui en auraient besoin, et d’autre part en sensibilisant des banques partenaires. »

Il sera également recherché, avec les associations d’alumni et les Fondations, des possibilités de cautionnement d’emprunts, ou d’autres solutions en relation avec l’école destinées à faciliter pour les étudiants le paiement des droits et frais de scolarité.

Vivent les banques, les emprunts et les cautions ! Et quid du système de bourses ?

Voilà effectivement un plan ambitieux, original et efficace ! Il aurait été pourtant tout à l’honneur de l’IMT que d’afficher son ouverture sociale en limitant fortement les hausses plutôt que de s’aligner sur des modèles que nous refusons de voir appliqués à l’enseignement public.

Nous continuerons donc à nous mobiliser pour lutter contre ces mesures injustes !

Les syndicats CFDT et CGT

PS : Quatre universitaires ont publié dans "MediaPart, le club" un article intéressant consacré à ce sujet : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-batailles-de-legalite/article/280114/etudiants-vos-frais-d-inscription-vont-augmenter