Catégorie III : le trompe-l’œil des mesures à l’ancienneté


par CFDT - Institut Mines-Télécom
27 novembre 2013
URL: https://cfdt.mines-telecom.fr/article191.html

Regardons pourquoi retrancher le coût des mesures à l’ancienneté ramené à chaque individu au montant des augmentations moyennes pour cette catégorie lèse les catégories III.

Pour illustrer cela, prenons l’exemple de la carrière d’un agent qui, entre sa 10ième et sa 25ième année, aura une augmentation individuelle+collective annuelle de 0,5% avec un salaire initial de 27000 euros annuel brut. L’évolution de son salaire annuel, mesures à l’ancienneté comprises, suit l’histogramme bleu (tableau et histogramme en pièce jointe). C’est ce que touchera effectivement cet agent.

La direction présente une augmentation moyenne pour la cat.III de 0,5+0,67 = 1,17%, intégrant les mesures à l’ancienneté moyenne (0,67%), comme si elles étaient versées annuellement alors qu’elles ne sont versées que certaines années (ancienneté de 2 ans (3%), 3 ans (3%), 6, 9 et 12 ans (2%), et enfin 15, 20 et 25 ans (3%)). L’histogramme théorique d’une augmentation moyenne de 1,17% chaque année pendant 15 ans est de couleur rouge sur le graphe.

Cet affichage est nettement plus présentable que l’augmentation individuelle+collective moyenne mais cela ne revient pas au même !!

En effet, si on somme tout ce qu’aura touché l’agent entre la 10ième et la 20ième année :

- ce qu’il aura touché effectivement : 305 874 euros
- avec le calcul présenté par la RH : 307 275 euros

Le manque à gagner pour l’agent est de 1576 euros brut sur 10 ans.

- Sur les 5 années suivantes, il en perdra 1360 de plus.

Le manque à gagner pour l’agent est de 2935 euros brut sur 15 ans.

Pire pour l’agent de plus de 25 ans d’ancienneté qui ne touchera plus que l’augmentation indiv/collec. Il ne verra plus jamais la couleur de la moyenne affichée par l’institut. Il en sera même très loin !

En conclusion, l’affichage de l’institut d’une augmentation moyenne de 1,17% est fallacieux. Les bonus moyens de la catégorie III n’étant, de surcroît, que de 3,5%, cette catégorie est clairement lésée dans cette période de crise.

De plus les mesures à l’ancienneté ont vocation à s’ajouter aux augmentations individuelles et collectives comme c’était le cas à l’origine du cadre de gestion et n’ont pas à être prise en compte dans le calcul comparatif avec les catégories I et II, les bonus étant de surcroit différents !