La ville de Paris opposée au déménagement total de Télécom ParisTech


par CFDT - Télécom ParisTech
25 novembre 2010
URL: https://cfdt.mines-telecom.fr/article153.html

Déclaration de Jean-Louis Missika, adjoint au maire de Paris chargé de l’innovation, de la recherche et de l’enseignement supérieur, lue lors du Conseil d’École de Télécom ParisTech du 10 novembre 2010.

La Ville de Paris a toujours estimé que le programme de développement scientifique de Saclay était un beau projet, et qu’elle soutenait l’émergence de ce nouveau cluster.

L’axe Paris-Saclay doit être développé en ce sens, pour que Paris, le 1er cluster scientifique d’île de France (Paris compte 13500 chercheurs et représente 50% de la recherche francilienne et 20% de la recherche française) soit rejoint par Saclay, pour une visibilité internationale accrue.

Le soutien de la Ville de Paris au développement de Saclay repose ainsi sur plusieurs éléments clés :

- Les transferts partiels ou totaux d’établissements de Paris vers Saclay doivent s’inscrire dans une logique scientifique et être portés par les enseignants, enseignants-chercheurs et élèves concernés. C’est à ce titre que la Ville de Paris a approuvé les différents projets d’établissement de Télécom ParisTech et de Mines ParisTech qui ont été présentés dans leur conseil d’école et conseil d’administration.

- La ville de Paris est favorable à une bilocalisation intelligente et économe en argent public. Il s’agit en effet de tenir compte des collaborations scientifiques réelles entre les établissements et les laboratoires à proximité, ces relations ne doivent pas, alors qu’elles ont mis du temps à s’établir, pâtir des projets de délocalisation . Il faut mettre en place des schémas fins, qui permettent qu’une bilocalisation ne soit en aucun cas synonyme de redondance et de coûts multipliés.

- Enfin, le développement de Saclay ne doit pas se faire par l’affaiblissement de Paris. En particulier, et cela a été publiquement rappelé et indiqué à l’État, les mètres carrés scientifiques libérés doivent rester dédiés à l’enseignement supérieur et la recherche.

Le récent discours du Président de la République à Saclay a mis fin au consensus entre l’Etat, la Ville de Paris et la Région qui nous avait conduit à soutenir les projets de transfert partiel de Télécom et des Mines. Avec l’annonce de leur transfert total, qui ne correspond à aucun projet validé en conseil d’école ou conseil d’administration, nous assistons à :

- Une remise en cause du projet scientifique collectif de chacun des établissements, Mines et Télécom. A cet égard, pourtant, Télécom ParisTech avait mené un travail élaboré d’identification des collaborations scientifiques qui devaient absolument être maintenues à Paris et qui sont désormais appelées à disparaître.

- Une condamnation injustifiée de la bilocalisation. Aucun élément scientifique ou budgétaire n’est apportée à ce refus systématique.

- Un plan inacceptable de vente des bâtiments parisiens pour financer le transfert.

En conséquence,

- Nous demandons au Conseil d’École un vote formel qui maintienne ouverte l’option du transfert partiel. Nous souhaitons ainsi acter l’opposition de la Ville de Paris au projet de transfert total.

- La Ville de Paris utilisera tous les moyens règlementaires à sa disposition pour que les mètres carrés scientifiques du cœur de Paris ne soient pas affectés à autre chose que de l’enseignement supérieur et de la recherche,

- La ville de Paris soutiendra les chercheurs, enseignants-chercheurs et étudiants qui considèrent que ces transferts autoritaires ne correspondent pas à une politique scientifique de qualité.

Jean-Louis Missika, adjoint au maire de Paris chargé de l’innovation, de la recherche et de l’enseignement supérieur