Le cimetière des éléphants


par CFDT - Institut Mines-Télécom
3 septembre 2007
URL: https://cfdt.mines-telecom.fr/article126.html

À la fin de leurs mandats respectifs, les précédents directeurs de l’ENST, ingénieurs du corps des télécommunications, ont continué leurs carrières en dehors du groupe. Marc Peyrade, au contraire, après neuf ans passés à la tête de l’école, s’est vu proposer un poste au service d’administration générale (SAG), dotant celui-ci ainsi ce service d’un nouveau cadre dirigeant.

Ce poste sur mesure comprend deux « missions » : s’occuper des relations du GET à l’international et avec ParisTech. Concernant la seconde de ces missions, on peut s’étonner du rôle que tente de prendre le groupe au sein de ParisTech. Si, pour des raisons légales (l’ENST n’est pas une personne morale), c’est le GET qui est membre fondateur de ParisTech, l’accord entre les membres stipule explicitement que seules les activités de l’ENST sont concernées. On peut donc légitimement s’inquiéter des velléités du groupe de s’immiscer plus profondément dans les activités du nouvel établissement. On peut également rapprocher cette tactique de la volonté du groupe et de son conseil d’administration de parvenir à un nom commun pour le groupe et ses écoles. Si le GET n’était qu’une structure administrative, que ferait-on de tous ces directeurs et directeurs adjoints qui font que l’organigramme du GET ressemble à une brochette d’ingénieurs généraux ?

La mutation de Marc Peyrade au SAG soulève également des interrogations au niveau financier : elle est équivalente au recrutement d’un nouveau cadre dirigeant, le nouveau directeur de l’ENST s’étant ajouté aux effectifs du groupe. Alors même que les augmentations et bonus proposés cette année sont dérisoires et conduiront pour nombre d’entre nous à une perte sèche de pouvoir d’achat, ce nouveau poste au sein du GET consomme une part non négligeable de l’enveloppe budgétaire et prive les écoles d’un nouvel enseignant-chercheur ou de personnel administratif et technique. Combien de promotions par changement de classe ne seront pas proposées cette année pour compenser le nouveau salaire de l’ancien directeur ?

Imagine-t-on que Marc Peyrade travaillera seul, sans secrétaire et sans personne sous ses ordres ? Faudra-t-il recruter quelqu’un ou partager un poste existant de l’ENST ou du SAG entre plusieurs missions ?

L’ENST manque de locaux sur ses sites parisiens actuels et voila qu’un nouveau bureau est réquisitionné pour placer celui qui, après neuf ans de conflit avec le personnel, n’arrive décidément pas à partir de l’école. Et, histoire de rajouter la cerise sur le gâteau, il s’est fait inviter au week-end d’intégration 2007, alors même qu’il n’a plus aucun rôle officiel à l’ENST...