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Budget 2004 de l’ENST - nos commentaires
par François Yvon
2 mars 2004

Les dépenses

Le budget 2004 de l’ENST est dans lignée du budget précédent : son apparente stagnation [masquant en réalité une quasi régression : le budget augmente moins vite que la masse salariale totale, et inclut 5 ME d’amortissements, soit 600KE de plus que l’an passé.] au niveau de 2003 dissimule en réalité une baisse, sonnant le glas du plan de développement de l’Ecole. Cette politique de "go et stop", imposée ici comme dans l’ensemble de la recherche publique par le gouvernement, et relayée par notre tutelle, voit ses effets amplifiés à l’ENST par les options prises en 2001 et 2002 matière de développement immobilier : pour des budgets d’investissement et de fonctionnement comparables à ceux de 2002, le coût des programmes immobiliers à été multiplié par près de 3.5. Ainsi, le coût de fonctionnement en année pleine du site Dareau vient grever les budgets de fonctionnements (pour mémoire : plus d’un cinquième du fonctionnement) ; la poursuite des travaux à Dareau et à Barreau (Mezzanines) impactant dangeureusement nos capacités d’investissement (pour mémoire : près de la moitié d’investissement). Cette situation impacte durement tous les services de l’Ecole, comme s’en ressentent également les budgets destinés au personnel (formation, budgets sociaux...). La CFDT avait pourtant dès 2002 alerté la Direction de l’impact potentiellement catastrophique sur les équilibres budgétaires que ne manquerait pas d’avoir le projet "Dareau" : nous sommes au regret de constater que nous ne nous étions pas complètement trompés.

Les recettes

Dans un contexte interne tourmenté (déménagements, travaux, désorganisation induites par le fait de devoir travailler sur deux sites), dans un contexte économique difficile, l’Ecole en est donc ainsi amenée à compter sur une nouvelle augmentation (+9%) de ses ressources propres pour continuer à assurer correctement ses missions, sans que l’on soient aujourd’hui connus les moyens supplémentaires (matériel, logiciel, personnel) qui seront donnés pour assurer cette croissance. Cette augmentation des ressources propres nous conduit à augmenter les ressources collectées auprès des élèves, éloignant un peu plus l’école des principes qui l’ont fondé (gratuité des études).
La situation est particulièrement critique dans les départements
d’enseignement-recherche, qui doivent augmenter leurs ressources propres de 10%, faisant suite aux augmentations des années passées (+59% depuis 2000). Les départements sont aujourd’hui contraints de s’auto-financer (hors salaire) à près de 90 % (y compris pour leurs mobiliers...), entraînant une augmentation de la pression managériale vers l’activité de recherche contractuelle et une dégradation générale des conditions de travail, aussi bien pour ce qui concerne l’enseignement que ce qui concerne la recherche. Cette situation est d’autant plus intenable que, incapable de définir des orientations scientifiques qui se traduiraient budgétairement, la Direction de la Recherche a continué, en 2004 d’affecter les budgets au département au prorata de leurs ressources propres. Cette politique dont la Direction elle-même reconnaît la nullité, d’une part fragilise les groupes les moins engagés dans des activités de recherche contractuelle ; d’autre part conduit à négliger les besoins en termes d’équipement pédagogiques (matériels de mesure, salles de TP...)

L’analyse de la Direction

Dans ces conditions, la marge de manoeuvre de l’Ecole est très limitée et il est presque cocasse de lire dans le texte accompagnant ce budget qu’il permettra de poursuivre la mise en oeuvre des axes stratégiques : "développement de la recherche" (baisse de l’investissement de 15%) ; "internationnalisation de l’Ecole" (-10% pour le fonctionnement)... Il est en revanche plus douloureux de constater que les "gros" chantiers immobiliers sont menés au détriment de l’entretien de fond des bâtiments, dont certaines zones se dégradent dangeureusement. Et que les investissements en équipement de laboratoire sont tombés à un niveau dérisoire (0.25 ME), soit moins de la moitié de leur niveau en 2002.

Notre jugement sur ce budget est donc sévère, et nous demandons pour en atténuer les effets les plus négatifs :
- (A) le maintien à un niveau comparable à celui de 2003 de tous les budgets destinés, directement ou indirectement, au personnel ou à ses associations
- (B) la définition, en concertation avec les personnels et les comités concernés,d’une véritable politique scientifique qui puisse servir de fondement à une politique de la recherche contractuelle
- (C) la définition, en concertation avec les laboratoires, d’un plan pluri-annuel d’investissement en matériel pédagogique

Un complément d’information contenant le détail des différentes
composantes du budget ainsi que leur évolution figure dans la très complète analyse réalisée par E. Bergeault (voir pièce jointe).


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