La CFDT nationale La CFDT à l'Institut Mines-Télécom La CFDT à Télécom ParisTech La CFDT à TEM & TSP
CFDT Institut Mines-Télécom

mardi 27 juin 2017
La CFDT conforte sa première place à l’IMT

mardi 17 janvier 2017
Vos correspondants CFDT à l’Institut Mines-Télécom

mardi 26 janvier 2016
Plan séniors : Pour vivre longtemps vieillissons au rythme de l’élaboration du plan séniors !

CFDT Télécom ParisTech

lundi 13 mars 2017
Fusion des écoles : la dernière mauvaise idée en date

jeudi 2 février 2017
Le télétravail à Télécom ParisTech

mercredi 21 septembre 2016
Improvisation et Technocratie pour l’Enseignement et la Recherche (ITER) : la fusion à la mode IMT

CFDT Télécom École de Management & Télécom SudParis

jeudi 17 janvier 2013
Nos voeux pour 2013...et la triste disparition de la cafète

jeudi 17 janvier 2013
La liberté d’expression mise à mal ?

jeudi 1er décembre 2011
Mise au point de la CFDT

Accueil > Télécom ParisTech > Dossier « rue Dareau »
À propos du projet de déménagement de l’ENST sur le site Dareau
par CFDT - Télécom ParisTech
15 novembre 2002

Le projet de relocalisation d’une partie de l’ENST sur un nouveau site rue Dareau à Paris dans le 14e a suscité une large opposition interne de la part des personnels de l’École. Considérant que ses arguments n’ont pas été entendus et que ce projet est néfaste pour l’École, la section CFDT de l’ENST a préparé, à partir de documents publics et accessibles à tous, une synthèse de ce dossier, qui permettra à chacun de se faire une idée plus claire des enjeux réels de ce projet de déménagement.

Le contexte

L’École Nationale des Télécommunications de Paris (ENST) est sise au 46 rue Barrault dans le 13ème arrondissement de Paris, sur un site couvrant une surface totale d’environ 22000 m². Elle partage le site avec les services centraux de l’établissement public dont dépend l’ENST : le Groupe des Écoles en Télécommunications (GET), qui occupe environ 1300 m² ; ainsi qu’avec diverses associations connexes (AIST, AIT...) hébergées par l’école. Les locaux de l’ENST sont relativement vétustes et demandent chaque année des travaux d’entretien conséquents (de l’ordre de 685 kEUR en 2002 [1]) ; cette vétusté d’ensemble a conduit les services de la commission de sécurité de la ville de Paris à demander une série de travaux de mise en conformité de deux bâtiments du site, dont une partie a été réalisée en 2002, pour un coût de 280 kEUR. Les travaux à effectuer à partir de 2003 pour la mise aux normes du seul bâtiment C sont estimés à 3.4 millions d’euros.

Avec le soutien du gouvernement Jospin, le GET a initié un plan de développement ambitieux pour les années 2001-2005, qui prévoit une croissance progressive de l’activité d’enseignement et de recherche des trois Écoles, une augmentation significative du nombre de postes alloués à l’établissement public, ainsi que des extensions immobilières sur les trois sites du GET. À l’ENST, le plan de développement acté en 2001 prévoyait notamment : 51 postes de personnels permanents supplémentaires (répartis entre 42 postes d’enseignants/chercheurs et 9 postes de personnels de soutien), auxquels s’ajoutent 15 postes de chercheurs CNRS et 90 thésards [2] ; pour lesquels était projetée une augmentation de 2300 m² des surfaces occupées par l’École, dont environ 1000m² pour la Direction de la recherche. Parmi les autres éléments significatifs de ce plan : le maintien du nombre d’élèves en formation initiale accueillis sur le site de Paris ; la délocalisation d’un certain nombre de postes d’enseignants/chercheurs (de 5 à 10) sur le site de Sophia-Antipolis, dans un laboratoire partagé avec l’institut « frère » d’Eurécom.

Le projet actuel

Pour réaliser le développement de l’ENST, les Directions du GET et l’ENST ont choisi de reprendre, en location, des locaux précédemment occupés à la fois par l’École Nationale Supérieure des PTT (ENSPTT) et par France Télécom. Ces locaux sont situés au 36 rue Dareau, dans le 14ème arrondissement, à plus de quinze minutes de marche du site Barrault. L’Ecole était antérieurement représentée sur le site Dareau, qui abrite depuis de nombreuses années les services permanents du Concours Commun Mines-Pont-Télécom, dont l’organisation est assurée par l’ENST. Dans un premier projet, l’École ne devait reprendre que 2800m² de locaux ; la version finale prévoit une reprise totale du bâtiment Dareau, soit une surface totale de 4300 m². Depuis juillet 2002, les services de la Formation Continue (12 personnes) travaillent sur le site Dareau ; les sessions de formation y sont organisées depuis la rentrée scolaire.

Pour remplir ce site, la Direction du GET a délibérément privilégié une stratégie d’image. Il s’agissait tout d’abord de préserver l’image du GET en « l’appuyant sur des lieux chargés de l’histoire des Ecole pour enrichir et renforcer son image auprès de ses partenaires... » [3] : il était donc exclu que le GET libère les locaux occupés rue Barrault pour se relocaliser rue Dareau. Dynamiser ensuite l’image de l’ENST en affichant le site Dareau comme une vitrine de l’École : il s’agirait de montrer aux tutelles, en rassemblant dans ce nouveau bâtiment à la fois des équipes d’enseignant-chercheurs, l’incubateur de l’ENST et la formation continue, que l’École bouge, qu’elle se rapproche du monde de l’entreprise et est ouverte à ses besoins. Pour la Formation Continue, cette proximité avec les laboratoires est revendiquée comme un « argument de vente » ; le bénéfice est également certain pour l’incubateur qui pourra désormais se prévaloir d’un accès direct aux départements de recherche pour attirer incubés et investisseurs. L’installation de l’incubateur est d’ailleurs soutenue financièrement par la ville de Paris, qui a accordé une subvention de 150000 euros annuels pour une durée de 3 ans [4]. Afin finalement de convaincre certaines équipes d’enseignants d’abandonner le site Barrault et les élèves qui le peuplent, il est prévu d’utiliser également le site Dareau comme un site pour la formation initiale des élèves de l’Ecole : des enseignements y seront donc marginalement programmés, à partir de la rentrée 2003 (dans 3 salles de cours en formation initiale, d’une surface variant selon les documents entre 80 et 150 m², plus une salle pour le mastère HyperMédia), permettant d’assurer un flot régulier d’élèves entre les deux sites. La présence de quelques élèves sur le site Dareau renforçant l’effet d’image recherché.

L’état d’avancement du projet est le suivant : une partie du démagement a déjà eu lieu en juillet 2002, avec l’installation de la formation continue de l’Ecole ; une seconde tranche est prévue pour décembre 2002 (incubateur, cellule relations avec les entreprises) ; le déménagement des équipes d’enseignement-recherche étant programmé pour juillet 2003.

Un projet contre l’École

Les missions principales de l’ENST sont l’enseignement en formation initiale et la recherche : le projet de la Direction est unanimement reconnu (y compris par la Direction elle-même) comme néfaste pour le bon exercice de ces deux missions. En éloignant une partie des enseignants du site Barrault, ce projet va à l’encontre de ce qui fait la force du projet pédagogique de l’École, à savoir un enseignement s’appuyant sur des réalisations concrètes par le biais de projets. Ce projet pédagogique, réaffirmé par le Conseil d’Ecole de l’ENST [5], est fondé sur une proximité entre enseignants et élèves qui n’existera plus une fois le déménagement opéré. L’organisation au quotidien de la formation initiale en sera également affectée, devant programmer et gérer les déplacements d’élèves et d’enseignants entre les deux sites et les nouvelles contraintes qui en découleront : rappelons que, pour ce qui concerne la formation initiale, l’École peine à digérer tous les effets de la réforme quasi-simultanée des trois années d’enseignement qui a eu lieu entre 2001/2002 (2ème et 3ème année) et 2002/2003 (1ère année). Ce surcroît de complexité dans la gestion de la formation initiale est d’autant plus incompréhensible que l’enseignement est finalement destiné à rester marginal sur le site Dareau : selon les comptes de la Direction, chaque élève n’ira, en moyenne, que cinq fois par trimestre (mail de M. Peyrade aux personnels et aux élèves du 10/09/2002). À moins que la réforme de l’enseignement n’ait entraîné une explosion inattendue du nombre de salles de cours nécessaires pour la formation initiale : auquel cas, la location des locaux rue Dareau tomberait à point nommée et permettrait de compenser cette mauvaise anticipation des moyens logistiques nécessaires à la mise en oeuvre de la réforme de l’enseignement.

Du point de vue de la mission de recherche, les bénéfices de ce projet sont loin d’être clairs : en particulier à cause des séparations arbitraires qu’il établit au sein des départements d’Enseignement-Recherche. La Direction a en effet choisi une statégie de saupoudrage : sur le site Dareau, seront ainsi représentés tous les départements d’enseignement-recherche de l’École, chacun étant sommé d’y envoyer quelques-unes de ses équipes, au détriment des synergies d’enseignement et de recherche existant actuellement au sein des départements. Sont concernées en particulier les équipes travaillant sur le traitement du signal, l’économie financière, les réseaux multi-services, les communications numériques et le multimédia, ainsi que le département "innovation pédagogique [6] ; la liste nominative détaillée des personnels devant déménager est encore à ce jour tenue confidentielle. Notons également que la cellule « contrats de recherche » sera également déménagée (dès décembre 2002), compliquant ainsi le travail des équipes préparant des contrats de recherche, en particulier celles qui préparent actuellement le cadre du 6ème programme cadre de la communauté européenne (démarrage prévu hiver 2002/2003).

La réponse de la Direction face à ces réserves tient en une phrase : « 15 minutes de marche ne sont pas forcément du temps perdu » [7].

L’intérêt, pour les laboratoires, d’une proximité plus grande avec l’incubateur reste finalement à démontrer : sur les 45 entreprises passées par l’incubateur de l’ENST, seules 6 émaneraient d’enseignants-chercheurs de l’ENST.

Dans l’ensemble, les inconvénients fonctionnels résultants de ce déménagement excèdent largement les bénéfices : les personnels et, dans une mesure moindre, les élèves de l’école ne s’y sont pas trompés, qui ont exprimé à de multiples reprises (pétition, interruption du conseil d’administration du GET, vote unanime des organisations syndicales contre le projet Dareau au CTP de l’ENST, recours devant le tribunal administratif contre le déménagement de la formation continue...) leur opposition à ce projet.

Un projet mal calibré, dangereux pour les finances de l’Ecole

Le plan de développement initial présenté au Conseil d’Ecole chiffrait les besoins d’extension des locaux de 2300m² [8] ; avec la location de 2800m² initialement prévue et signée en mars 2002 [9], la Direction atteignait largement cet objectif. Pourquoi alors louer 1500m² supplémentaires ? Selon la Direction, [10], pour faire face à la démolition de 700m² de mezzanines dans le bâtiment C. Renseignements pris, ces mezzanines hébergent aujourd’hui environ une vingtaine de personnes ; le relogement de ces personnels justifiant donc de la location d’environ 80m² supplémentaires rue Dareau par personne !

Le plan de développement 2001-2005 prévoyait une augmentation de 51 (42+9) des postes budgétaires affectés à l’École, soit en moyenne plus 10 postes supplémentaires par an, dont une partie pour le site d’Eurécom : si la croissance en postes réalisée en 2001 et 2002 est voisine des objectifs initiaux, le personnel total présent sur le site reste loin de la cible, du fait de difficultés pour recruter et conserver des personnels à l’ENST [11] ; pour 2003, le plan de développement a été gelé par la tutelle et la croissance en nombre d’emploi pour 2003 sera limitée à quelques unités au mieux (+10 emplois au lieu de +60 initalement prévus pour l’ensemble du GET) ; il est probable [12] qu’il en sera de même pour 2004. Si les besoins en locaux supplémentaires de l’ENST sont indéniables et urgents, notons que le projet actuel conduit à la location entre 2003 et 2007 (en supposant que les objectifs du plan de développement soient effectivement atteints courant 2008) d’une surface considérable de locaux, comparativement aux besoins induits par les simples augmentations en personnels. Notons pour finir que les calculs précédents ne tiennent pas compte du départ pour Sophia-Antipolis d’une petite équipe d’enseignant-chercheurs .

La location annuelle du bâtiment Dareau est estimée à environ 1.3 millions d’euros [13]. L’aménagement et l’occupation durant neuf mois du site Dareau ont engendré en 2002 des dépenses d’environ 1,75 millions d’euros [14] ; l’aménagement du reste du bâtiment, comprenant notamment des nouvelles salles de cours et la réfection du réseau informatique.... se chiffrant à environ 800 000 euros pour 2003 : au total d’après la Direction près d’un million d’euros de travaux en 2 ans pour des bâtiments dont le GET n’est pas propriétaire. Ces calculs n’intègrent pas les coûts liés au déménagement des équipes, de l’achat de mobilier, de matériel informatique... En 2003, les seuls aménagements des mezzanines du bâtiment C situé rue Barrault et du site Dareau coûteront près de 4 millions d’euros : il est à craindre que ces travaux se fassent au détriment des travaux d’entretien courant du reste des bâtiments de l’Ecole. Plus généralement, ces nouvelles charges (auxquelles il faudrait ajouter les frais d’entretien, de gardiennage, les coûts induits par la présence de personnel sur deux sites et par les déplacements afférents) font peser une grave menace sur l’équilibre général du budget de l’École, dans un contexte général de compression des dépenses de l’État (en particulier des budgets d’enseignement et de recherche) et de crise du secteur des télécommunications. On peut penser que ces nouvelles contraintes financières se répercutent sur les personnels : réduction des investissements en matériel, diminution des budgets consacrés à la recherche académique (dotations propres des laboratoires, compléments de bourse pour les doctorants, capacité d’accueil de post-doctorants et de visiteurs sabbatiques, missions à l’étranger), augmentation incontrôlée des besoins de financements propres (via les contrats de recherche), nouvelle pression pour accroître encore la productivité, survenant après la mise en place de la RTT. Des indices de cette dérive sont dès aujourd’hui visibles, par exemple dans l’évaluation de l’École par le CNRS dans le cadre du renouvellement de l’unité mixte de recherche, ou encore dans la préparation du budget 2003. À terme, c’est donc la capacité de l’École à maintenir une recherche académique et un enseignement de qualité qui sont menacés par ce projet.

Par ailleurs, il est prévu que le plan de développement se fasse à condition que l’Ecole augmente ses ressources propres de 50% . Avec le gel du plan et en cas d’abandon de celui-ci (et donc en cas d’arrêt de nouveaux recrutements), il y a fort à parier que les contraintes sur les ressources propres soient maintenues. Ceci est inacceptable pour le personnel de l’École qui subira encore de plein fouet les conséquences d’une telle mesure.

De l’ENST Paris à l’ENST Boulogne ?

Il est à noter, pour finir, que dans le même temps, le GET a entamé des discussions concernant une éventuellement relocalisation de la seule ENST sur le site de l’ile Seguin à Boulogne, relocalisation qui pourrait aboutir avant la fin de la décennie : il est donc possible qu’au moment même où il sera enfin (théoriquement) rempli, le site Dareau devienne inutile. Selon les rares informations données par la Direction du GET, les services centraux de l’EPA ne conserveraient pas des locaux dans l’ENST.

En conclusion, il nous semble que le projet aujourd’hui présenté par la Direction est un mauvais projet, qui risque de porter atteinte durablement et de manière profonde au bon exercice par l’École de ses missions principales. Il nous semble, pour le moins, mériter un examen attentif ainsi qu’une évaluation contradictoire et précise des bénéfices attendus en comparaison des risques qu’il fait courrir à l’École, notamment du point de vue des équilibres budgétaires. Par ce texte, qui synthétise de manière chiffrée un certain nombre d’informations publiques, la CFDT espère avoir contribué à éclairer plus précisément les enjeux réels de ce projet.

[1programme bâtiment 2002, diffusé à tout le personnel de l’ENST

[2communiqué du comité Directeur du 18 juin 2002 et compte-rendu du CTP de l’ENST du 9/07/02

[3réponses de la Directions diffusées sur l’intranet de l’École sous le nom FAQ-Barrault Bis

[4communiqué du petit comité du 2 avril 2002

[5compte-rendu du conseil d’Ecole du 29/11/2001

[6note d’A. Lévy au personnel de la Direction de la recherche du 9/10/2002

[7e-mail de M. Peyrade aux personnels et aux élèves du 10/09/2002

[8plan de développement de l’ENST, CTP du 7 décembre 2000

[9communiqué du Petit comité du 18 mars 2002

[10compte-rendu du CTP du 9 juillet 2002

[11compte-rendu du conseil d’école du 29/11/2001

[12déclarations de M. Oberlé lors de l’amphithéâtre d’information du 22/10/2002 à l’ENST

[13déclarations de M. Peyrade lors de l’amphithéâtre d’information du 22/10/2002 à l’ENST

[14compte-rendu du CTP Central du 23 mai 2002

CFDT - Télécom ParisTech

À lire également

  • vendredi 2 juin 2006
    Des m2 ? Parlons en !
  • mardi 4 février 2003
    La Formation Continue déménage à nouveau
  • lundi 14 octobre 2002
    La CFDT boycotte le CTP de l’ENST
  • vendredi 11 octobre 2002
    Déménagement à Dareau : la CFDT dit NON !
  • mardi 10 septembre 2002
    Conclusions du directeur concernant les cours rue Dareau
  • Actualité CFDT

    SITE RÉALISÉ AVEC SPIP DIRECTEURS DE LA PUBLICATION: ÉRIC BERGEAULT & SAMUEL TARDIEU
    Section CFDT Institut Mines-Télécom | ADMIN