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Coût de la scolarité : quelle est la (vraie) stratégie de nos directeurs d’école ?
par CFDT Mines-Télécom
21 mars 2014

Lors de la parution des arrêtés ministériels du 23 décembre 2013 consacrant la hausse des droits de scolarité dans les écoles des télécommunications et dans les écoles des mines, les élèves et le personnel de ces établissements ont été stupéfaits de découvrir des augmentations de 118% pour les élèves français et européens (de 850€ à 1850€ par an) et de 353% pour les élèves non européens. Après y avoir ajouté les frais de scolarité supplémentaires de 450€ appliqués dans les écoles des télécommunications et dans certaines écoles des mines, on atteint des montants annuels de 2300€ et même de 4300€ pour les étrangers non européens.

Nos directeurs nous ont assuré à plusieurs reprises que cette augmentation, décidée par la tutelle ministérielle, était ponctuelle et qu’ils ne souhaitaient pas qu’elle soit suivie d’une nouvelle hausse dans les prochaines années, qu’il ne s’agissait pas d’un palier ou d’une étape. Or on découvre dans un article de Mediapart du 18 mars 2014 (disponible dans son intégralité ici) qu’Yves Poilane, directeur de Télécom ParisTech, aurait déclaré le 3 février 2014 : « Je me fixe une ambition à 5000 euros… Il n’y a pas de journalistes dans la salle... », et qu’il espérait pour y parvenir « une modification assez substantielle du cadre politique ».

On est loin ici du discours tenu en interne. Même si on sait depuis 2012 que le directeur de Télécom ParisTech milite pour une augmentation du financement par les étudiants et anciens étudiants, on peut être surpris que la solution qu’il décrit comme « la plus simple » ait été privilégiée par rapport à « la plus juste ».

De même, on ne manque pas d’être surpris par l’évaluation fantaisiste du coût annuel de la formation d’un ingénieur dans nos écoles, dont on a l’impression qu’elle augmente sans cesse au fil des discours. En décembre 2013, Jean-Claude Jeanneret, directeur général de l’Institut Mines-Télécom, l’estimait à 15000€ [1]. En février 2014, soit deux mois plus tard, elle était passée d’après Yves Poilane à 16000€ [2]. Un mois plus tard, en mars 2014, le même l’estimait à 17000€ [3]. Qui croire, et à quelle date ? Avec quel sérieux sont réalisées ces évaluations ? Ces argumentaires visant à minimiser l’importance des augmentations des droits de scolarités sont-ils crédibles ?

Cette augmentation, pour ne pas pénaliser les familles les plus modestes, devrait être accompagnée d’une revalorisation des bourses d’études sur critères sociaux et de la création de nouveaux paliers. Or, après avoir décidé de ne pas appliquer les barèmes de bourses de l’éducation nationale pour l’année scolaire 2013-2014 mais de rester aux anciens barèmes 2012-2013, moins favorables, les écoles prévoient de rentrer dans le rang pour 2014-2015 mais tentent pour certaines de lier ce retour à la normalité à l’ajout d’une clause d’ajustement permettant de limiter les bourses effectivement versées aux montants spécifiques alloués par la tutelle [4]. En d’autres termes, alors qu’auparavant tous ceux qui avaient droit à une bourse pouvaient la recevoir, certains boursiers risquent de ne même pas toucher la totalité de la somme à laquelle ils peuvent prétendre.

Après que le GISTI [5] et l’UNEF [6] ont déposé des recours devant le Conseil d’État attaquant l’arrêté pour rupture d’égalité entre les étrangers non européens et les autres ainsi que pour inconstitutionnalité, l’Institut Mines-Télécom propose d’exonérer partiellement de ces nouveaux droits une petite partie des étudiants ainsi que d’appliquer à certains étrangers non européens issus des classes préparatoires aux grandes écoles les mêmes tarifs qu’aux Français. Mais ces aménagements sont proposés pour une période transitoire de deux ans uniquement, l’idée étant qu’à terme ces exonérations partielles disparaissent afin de faire payer le tarif plein à un maximum d’étudiants.

À l’heure où l’Allemagne supprime les derniers droits d’inscription dans ses établissements d’enseignement supérieur, la Conférence des Grandes Écoles se félicite au contraire de cette augmentation et espère qu’elle en préfigure d’autres : « En décembre 2013, le ministère du Redressement productif a multiplié par plus de deux les droits de scolarité dans les établissements du périmètre Mines-Télécom. Cette option, qui représente un glissement de culture, est vouée selon nous à se généraliser dans l’enseignement supérieur, sous la pression des circonstances et afin de doter les établissements de réels moyens de développer des stratégies éducatives ambitieuses, ce que n’a pas permis, à des exceptions marginales près, le programme d’investissements d’avenir. » [7].

Ce basculement, brutal, d’un modèle de financement public et républicain de l’enseignement supérieur français vers un modèle de financement individualiste qui pénalise les plus précaires, déjà partiellement empêchés d’accéder aux études longues, préoccupe fortement la section CFDT de l’Institut Mines-Télécom et celles des écoles des mines. Et ce n’est certainement pas un simple tweet émanant du service communication qui nous rassurera quant à la stratégie poursuivie par nos directeurs, qui doivent s’expliquer sur leur double discours.

[1Conseil d’administration de l’Institut Mines-Télécom du 3 décembre 2013

[2Réunion du 3 février 2014 à la maison des polytechniciens, d’après Mediapart

[3Conseil d’école de Télécom ParisTech du 14 mars 2014

[4Conseil d’administration des Mines de Douai du 20 mars 2014

[5GISTI : groupe d’information et de soutien aux travailleurs immigré-e-s, association à but non lucratif

[6UNEF : union nationale des étudiants de France, syndicat étudiant

[7Audition de la Conférence des Grandes Écoles devant le comité pour la stratégie nationale de l’enseignement supérieur, 18 février 2014, d’après AEF

CFDT Mines-Télécom

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