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Le Monde parle de l’Institut Mines-Télécom
par CFDT - Institut Mines-Télécom
15 mars 2012

L’article de Benoît Floc’h donne la parole aux dirigeants de l’Institut Mines-Télécom, à la tutelle et à la CFDT.

La fusion des Mines et des écoles Télécom donne naissance à un géant

Avec 12 000 étudiants en prévision, l’Institut Mines-Télécom sera bientôt le premier groupe de formation d’ingénieurs en France. Il rivalisera au niveau international avec les plus grands.

Encore un géant. Les six écoles des Mines et les quatre écoles Télécom devaient présenter officiellement leur regroupement, mercredi 14 mars, au sein d’un Institut Mines-Télécom.

C’est dans l’air du temps. Pour pouvoir faire face à la compétition internationale dans l’enseignement supérieur, pour regrouper ses forces dans un contexte de pénurie budgétaire, l’union fait la force. Des écoles de commerce s’allient (Euromed et BEM, par exemple), des universités fusionnent (Aix-Marseille ou Strasbourg) ou s’associent dans les pôles de recherche et d’enseignement supérieur, les PRES.

En créant l’Institut Mines-Télécom avec l’école de commerce Télécom Ecole de management (TEM), les écoles publiques d’ingénieurs ne seront pas en reste. L’ensemble " pèsera " 12 000 étudiants, 1 700 doctorants, 3 600 diplômés par an et sera présent sur tout le territoire. " L’objectif est de constituer un groupe d’une taille suffisante pour rivaliser avec les plus grandes universités du monde, comme le Massachusetts Institute of Technology - MIT, Etats-Unis - par exemple, explique Denis Lapert, directeur de TEM. Si vous n’avez pas la taille suffisante, ces gens-là vous ignorent. "

Synergies pédagogiques

Pascal Faure confirme : " Dans cette compétition, la taille est un facteur décisif pour signer de grands partenariats. Si vous n’atteignez pas cette taille, vous ne jouez pas dans la même cour ", souligne le vice-président du conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies, l’instance officielle qui, au ministère de l’économie, exercera la tutelle de l’Institut Mines-Télécom. Mais l’" effet taille " a également du sens au niveau national.

L’idée du rapprochement de la famille des Mines de celle des Télécom, en effet, " c’est de constituer le premier groupe de formation d’ingénieurs en France, poursuit M. Faure, en développant une stratégie commune et en créant le maximum de synergies ". Dix écoles, ce sont dix contrats de téléphonie, dix systèmes d’information ou dix licences de logiciel... Négocier un contrat pour dix permettra d’obtenir des conditions plus avantageuses. Les synergies doivent aussi être pédagogiques. Les écoles sont invitées à travailler encore davantage ensemble, qu’il s’agisse de créer des formations communes ou des passerelles, par exemple.

L’intérêt pour les étudiants ? Se voir offrir " un très large éventail d’opportunités quand on s’inscrit dans l’une des écoles de l’Institut ", explique Pierre Baylet, son directeur du développement et de la prospective. Celui-ci promet que les économies d’échelle qui seront réalisées ne serviront pas à rendre des postes au ministère, mais " à dégager des moyens supplémentaires pour mieux répondre aux besoins des étudiants : davantage d’encadrement ou des parcours plus personnalisés ".

A cette belle histoire d’amour cependant deux bémols. Le premier tient à la prudence des fiancés. Si les Télécom, qui sont déjà réunis en institut jusqu’à présent, se couleront sans difficulté dans le nouvel organisme, il n’en est pas de même des Mines. Les projets de développement de Mines ParisTech en région parisienne ne sont pas arrêtés. L’établissement ne voulait donc pas s’engager trop vite dans le nouvel institut. Au grand dam de certaines écoles des Mines de province, celles-ci ne seront donc que rattachées à l’Institut Mines-Télécom, et non pleinement intégrées. Ce n’est qu’une question de temps, assurent les promoteurs du projet.

Second bémol, les représentants des personnels ne suivent pas. De bonne composition au départ, ils ont fini par s’opposer à tous les textes de finalisation de l’Institut Mines-Télécom. En cause, notamment, la rémunération : il n’y aura pas de grille des salaires dans l’institut créé et les salariés craignent de faire les frais d’un contexte budgétaire contraint.

Par ailleurs, dénonce Eric Bergeault, représentant de la CFDT, la mise en place d’un statut unifié pour les nouveaux salariés " créera une multiplicité de métiers et statuts ", soit selon lui " une usine à gaz ". " Monter un nouvel institut sans l’accord des personnels, ce n’est pas folichon ", regrette M. Bergeault.

Benoît Floc’h

© Le Monde

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